Sortie en mai 2023, la Suunto Vertical a été la première montre de la marque finlandaise à embarquer une cartographie hors ligne et un GPS double fréquence. Trois ans plus tard, elle se négocie autour de 399 € contre 599 € au lancement. Ce test de la Suunto Vertical reprend ses chiffres d’autonomie, sa précision et ses limites, pour dire à qui elle convient encore aujourd’hui.
La Vertical dans la gamme Suunto : pour qui ?
La Vertical occupe le haut de la gamme outdoor de Suunto, au-dessus des Suunto 9 Peak et 9 Peak Pro, plus compactes. Elle vise les sorties très longues et l’expédition : 500 heures d’enregistrement en mode Tour et une cartographie embarquée qui fonctionne sans réseau.
Avec 86 g en acier et 74 g en titane, elle pèse plus lourd qu’une montre de course sur route. Pour un premier achat orienté trail, notre guide pour choisir une montre de trail quand on débute détaille les critères à trancher avant de monter en gamme.
Suunto Vertical : notre test détaillé
Boîtier, écran et robustesse
Le boîtier mesure 49 × 49 × 13,6 mm, avec une lunette métal ceinturée de cellules photovoltaïques sur les versions solaires. Trois boutons physiques sur le côté droit complètent la dalle tactile, ce qui permet de piloter la montre avec des gants.
L’écran est une dalle MIP transflective tactile en couleur de 1,4 pouce (35 mm), en 280 × 280 pixels, protégée par un verre saphir. Cette technologie consomme peu et reste lisible en plein soleil, au prix d’une image moins piquée qu’une dalle AMOLED. La montre répond à la norme MIL-STD-810 et affiche une étanchéité de 10 ATM (100 m), compatible avec l’apnée jusqu’à 10 mètres.

GPS double fréquence et précision de la trace
La Vertical reçoit les cinq principales constellations satellitaires en double fréquence, le réglage qui limite le mieux les rebonds de signal en fond de vallon et sous couvert forestier. C’est la fonction qui manquait aux Suunto face à Garmin et Coros au moment de sa sortie.
Quatre modes GNSS sont proposés, du plus précis au plus économe. Le mode Endurance s’appuie sur le multi-systèmes sans double fréquence : la précision y reste bonne pour du suivi de trace, avec 30 heures d’autonomie supplémentaires sur la version acier.
L’altimètre barométrique et la boussole complètent l’ensemble. L’altitude barométrique dérive avec les variations de pression : recalez-la sur un point coté au départ, une manipulation décrite dans notre guide pour calibrer l’altimètre de sa montre GPS.
Autonomie et recharge solaire
Suunto annonce 60 heures d’enregistrement en double fréquence et 500 heures en mode Tour sur la version acier, pour 30 jours en usage quotidien avec suivi continu. La version Titanium Solar monte à 85 heures en double fréquence, 280 heures en GPS seul et 720 heures en mode Tour.
Ces chiffres solaires supposent une exposition à 50 000 lux pendant trois heures par jour. Le test de Sport Passion relève un gain d’environ 1 % de batterie par heure d’exposition en mode montre, et une autonomie mesurée de 45 heures en mode Performance multibande contre 60 heures annoncées, avec un usage intensif de la cartographie.
La recharge complète prend environ une heure par contact au dos du boîtier. Le câble diffère de celui des Suunto 9 et n’est pas interchangeable.
Cartographie hors ligne
Les fonds de carte s’appuient sur OpenStreetMap et sont gratuits, en trois styles d’affichage, avec courbes de niveau, hydrographie et sentiers. Le téléchargement passe par le Wi-Fi, montre posée sur son socle de charge, par région ou par pays.
En haute montagne, le niveau de détail d’OpenStreetMap reste en retrait des cartes IGN, en particulier en zone glaciaire. Sur sentier balisé, le zoom, le guidage virage par virage et le retour au départ font le travail, et toutes les fonctions de navigation restent disponibles sans réseau.
Cardio, capteurs et suivi d’entraînement
La montre couvre une centaine de profils sportifs, dont un profil snorkeling avec profondimètre et la puissance de course sans capteur externe. Les prévisions météo, l’alerte orage et les heures de lever et coucher du soleil s’affichent sous forme de widgets, utiles pour caler l’horaire de départ d’une sortie longue.
Le cardio optique se situe dans la moyenne des capteurs au poignet, correct sur allure stable et moins fiable sur les répétitions en côte. Une ceinture Bluetooth reste préférable pour le travail au seuil. Le suivi de charge et de récupération repose sur la variabilité de la fréquence cardiaque, sans abonnement, et se synchronise avec Strava et TrainingPeaks.

Fiche récapitulative
| Sortie | Mai 2023 |
| Prix de lancement | 599 € (acier), 799 € (Titanium Solar) |
| Prix relevé (août 2026) | à partir d’environ 399 € selon le revendeur |
| Écran | MIP transflectif tactile couleur, 1,4 pouce (35 mm), 280 × 280 px, verre saphir |
| Boîtier | 49 × 49 × 13,6 mm |
| Poids | 86 g (acier), 74 g (titane) |
| GNSS | Double fréquence, cinq constellations |
| Autonomie GPS (acier) | 60 h multibande, 90 h multi-GNSS, 140 h GPS seul, 500 h mode Tour |
| Autonomie GPS (solaire) | 85 h multibande, 140 h multi-GNSS, 280 h GPS seul, 720 h mode Tour |
| Usage quotidien | 30 jours avec suivi 24/7 (60 jours en solaire) |
| Cartographie | OpenStreetMap hors ligne, gratuite, trois styles |
| Robustesse | MIL-STD-810, étanchéité 10 ATM (100 m) |
| Profils sportifs | Une centaine |
Suunto Vertical ou Vertical 2 : ce qui change
Suunto a lancé la Vertical 2 à l’automne 2025. Elle passe à un écran AMOLED, intègre une lampe LED et revoit le confort de port, tout en conservant la cartographie hors ligne et le GPS double fréquence.
L’arrivée de la Vertical 2 a tiré le prix de la première génération vers le bas, relevée à partir d’environ 399 € en août 2026 contre 599 € au lancement. Le socle technique de la Vertical reste celui de 2023 : si la lampe intégrée et l’écran AMOLED ne figurent pas dans vos critères, l’écart de prix mérite d’être regardé. Les tarifs bougent vite, vérifiez le prix du jour chez le revendeur.
Le conseil de l’expert
Le réglage qui compte le plus au quotidien est le mode GNSS. Laisser la montre en double fréquence en permanence fait passer l’autonomie de 140 heures à 60 heures sans gain mesurable sur terrain dégagé. Réservez ce mode aux parcours en forêt dense, en gorges et le long des falaises.
Deuxième point à anticiper : le téléchargement des cartes. Le transfert exige la montre sur son socle de charge et une connexion Wi-Fi, et prend plusieurs dizaines de minutes pour une région entière. Chargez la zone plusieurs jours avant un déplacement.
FAQ
Quels sont les défauts de la Suunto Vertical ?
Trois reproches reviennent dans les tests : le poids de 86 g sur la version acier, la précision du cardio optique en fractionné, et le détail limité des fonds OpenStreetMap en haute montagne. L’autonomie mesurée en mode multibande, 45 heures chez Sport Passion, reste également en dessous des 60 heures annoncées.
Quelle différence entre la Suunto Vertical et la Suunto 9 Peak Pro ?
La Vertical ajoute la cartographie hors ligne, le GPS double fréquence et la recharge solaire, absentes de la 9 Peak Pro. Son écran passe de 1,2 pouce en 240 × 240 pixels à 1,4 pouce en 280 × 280 pixels. En contrepartie, elle est plus épaisse et plus lourde, ce qui la rend moins adaptée aux formats courts et rapides.
La Suunto Vertical convient-elle à l’ultra ?
Sur la durée, oui : 60 heures en double fréquence et 500 heures en mode Tour couvrent les formats les plus longs sans batterie externe. Le point à surveiller est le poids au-delà de 24 heures de course, où la version titane à 74 g se justifie face aux 86 g de la version acier.
Photos : Deyan Georgiev, Markus Spiske et Alex Moliski via Pexels. Chiffres constructeur relevés sur suunto.com, mesures indépendantes issues des tests Sport Passion et Alpine Mag.

